Il y a des jours où l'on se dit : c'est aujourd'hui. Pour Antoine : voilà il y est.
Ils (les grands) vont chez Darty chercher l'écran plasma que Pépé leur a offert. Mais lui il a mal au coeur en voiture et puis Darty, c'est trop grand, c'est trop bruyant, c'est trop pour lui quoi.
Donc en ce jour formidable il va pouvoir aller fouiner dans la chambre du haut, celle où les femmes repassent et où on entasse des tas de trucs. Parce que il n'est pas bête, Antoine, il est SUR : il y a des trucs de l'incroyable à dénicher là haut.
Donc dès le calme dans la maison, deux par deux les marches et il sait qu'il ouvre la porte d'un nouveau monde : çà sent la lavande, mais les volets sont fermés, il n'y voit pas grand chose, l'ampoule doit être grillée : pas de réponse au bouton.
Aïe le fenêtre est un peu haute, le petit banc de Mémée, quand elle tricotait, est juste à côté et va solutionner le problème. Donc avec bien des précautions Antoine ouvre doucement les volets.
Ah çà donne sur le jardin du père Marcel, on dirait pas vu d'en bas. Tous les jardins sont les uns dans les autres séparés par leur grillage, leur petite porte avec leurs gros cadenas.
Mais c'est bien c'est le père Marcel parce que son chat dort sur un muret de pierres chauffées au soleil.
Ah dis donc si Maman voyait çà elle n'irait plus chez Hyper U pour les légumes.
Tous bien rangés, la terre toute propre. Les carottes en ligne impec, les haricots verts aussi., çà se voit que le père Marcel était militaire : même les légumes marchent enfin poussent à la badine. Et les tomates même des jaunes !
Il y a un énorme pied de lavande, c'est lui qui parfume la pièce.
D'un coup : ah la trouille ! Le chat se détend comme un ressort et court à fond après une bestiole sortie d'un tas de bois, la course : c'est de la formule 1, la bête se planque derrière les tomates : erreur le chat lui saute dessus : le coulis est prêt. Non, il ne l'a pas eue : il repart, virage angle droit chicane de navets qui y perdent quelques feuilles.
Ah l'arrosoir : il tangue et quelques vagues se répendent, çà va il tient la route.
Et là le chat dans le filet de sécurité, enfin le grillage mais la bestiole toute petit est passée : ouf pour elle. Tanpis : croquettes ce soir mon vieux !
Un merle tente une lampée d'eau d'arrosoir, mais il comprend vite que ce n'est pas le bon endroit tranquille, le matou guette : il n'a pas fixé son menu, ici c'est à la carte.
Il y a plein d'insectes sur le composte dans le fond, ah çà ne doit pas y sentir la lavande. Qaund le chat n'est pas là il doit y avoir plein d'oiseaux : restaurant à ciel ouvert pour eux.
Le jardin du bout ??? Ah oui c'est celui de la « nouvelle », mais Antoine ne voit rien à cause des tuyas trop hauts.
Domage, parce que Madame Ducros ,disait tout bas, à Monsieur Putoing en faisant la queue chez le charcutier « qu'elle » se met « à poil » pour bronzer. Toute la charcutaille en a rosi d'émoi.
Bon en même temps quand on les connait toutes des deux on préfère çà que le contraire.
Mais bon Antoine est trop jeune pour juger.... alors pourquoi se met-il sur la pointe des pieds ?
Il y a du bruit en bas, comme un coup de sifflet à la fin de la récré : retour à la réalité.
« C'est le Tour de France » (événement planétaire paraît-il), clame Papa, « Maman sort des cornets pistache-chocolat ! »
« Antoine viens voir çà c'est géant! », sûrement se dit le petiot, en refermant doucement les volets comme il les a ouverts, avec la certidude « qu'à la première occas il revient », parce que en plus il n'a pas farfouiller.
mam ryline
Enfin c’est les
vacances….. Je vais bientôt le revoir….
Un an que j’attends
avec impatience son retour et quand on a à peine 16 ans le temps
vous semble interminable…. J’espère que cette année encore il
viendra avec ses parents passer ses vacances malgré ses 18 ans….
C’est l’âge où l’on veut prendre ses premières vacances
entre copains…….
Aura t’il changé…. me reconnaîtra
t’il…. M’a t’il oublié…..
Par la lucarne de ma
chambre, je scrute chaque baigneur…. Ils se ressemblent
tous.
Cheveux mi-longs, short de bain large sur des cuisses de
gringalet pour certain et sur d’autres une version moitié
homme-moitié adolescent attirent le regard des jouvencelles et de
certaines femmes…
Je défendais l’entrée à mes frères de
cette petite chambre sous les toits dont j’avais fait une pièce
douillette rien que pour moi et souvent je m’accoudais à cette
lucarne et je me m’étais à rêver….. des rêves de jeunes
filles……
J’ai réussi cette année à me faire acheter par
papa un maillot de bain deux pièces couleur turquoise. J’ai
bataillé ferme pour l’avoir car il ne voit pas grandir…je suis
encore sa petite fille
Je suis déjà bronzée car j’aime le
soleil et je suis tout le temps sur la plage avec Igor mon chien dès
que je peux sortir ;
Le carreau de la lucarne est embuée
tellement j’y suis collée. Mon regard épie chaque baigneur
allongé sur le sable ou dans l’eau…Je ne le vois pas…..
Tout
d’un coup, je vois arrivé ses parents……j’ai reconnu sa mère
et enfin je le vois…..Il a tellement changé………. Ses cheveux
sont coupés courts, des lunettes de soleil posées comme tous les
jeunes sur la tête…. Il a grandi, forci là où il faut…. et je
vois les regards des femmes allongées sur le sable le suivre des
yeux……….. il ne laisse pas indifférent…..
Va t’il me
reconnaître….. Et puis maudit appareil dentaire…..je ne vais pas
osé lui sourire…
Dire qu’il suffisait d’un mois pour que je
ne le porte plus……
Je n’ose aller à sa rencontre mais il
faut que je sache…
Je descends un peu fébrile les deux étages,
sors et va sur la plage qui jouxte la maison….
Pour me donner le
courage je vais à l’eau et je me mêle aux autres jeunes filles
qui chahutent entre elles…. Je sens un regard posé sur moi…. Je
me retourne et je le vois qui se dirige vers moi……. Il m’a
reconnu…….
MCB
J’ouvre la lucarne du grenier où je
me suis réfugié. Dehors, l’air soufré est irrespirable. A deux
reprises l’instinct me pousse à la refermer. De toute façon il
est trop tard et il est impossible de sauter de cette hauteur sans se
briser les jambes.
Bong, bong…
Le Bruit est assourdissant,
les murs tremblent.
Dehors, le spectacle n’est que désolation.
Malgré l’heure avancée le ciel est noir. Le soleil de ce matin
d’hiver traverse péniblement les colonnes de fumée acre.
Un
groupe de fuyards se dirige vers l’ouest. S’ils savaient que même
la fuite n’est qu’illusion.
D’où je suis, je vois les
hommes en tête, le pas pressé. Ces mêmes hommes qui avant-hier
encore, tenaient un discours belliqueux. Ils voulaient vendre
chèrement leurs peaux qu’ils disaient et défendre leurs biens
accumulés pendant des années dans ces petits pavillons de banlieue.
Ils avancent vite, courent presque… et trainent derrière eux un
cortège de femmes et d’enfants le visage marqué par la peur et
les nuits sans sommeil.
Bong, bong…
Le veau d’or a été
sacrifié afin de calmer le Maitre.
L’armée d’Azathoth, dieu
païen des enfers, dont on ne murmure que le nom, dévaste le
monde.
Ils arrivent, je les entends.
Bong, bong…
Le
calvaire du village, décapité et déraciné sert maintenant de
bélier et brise les portes les unes après les autres. Azathoth
vient chercher son dû.
Ils sont là.
Une goutte de sang perle
le long de ma joue.
AL
Un rocher , du sable , des
bateaux et des gens , j'avais installé mon quartier général au
grenier
de cette maison dite " du passeur" . Cette
maison servait autrefois au marin qui faisait
traverser la rance
avec son bateau en bois entre le cale de la passagère et celle de
Jouvente.
Cette maison avait aussi une histoire sanglante, elle
avait été le lieu d'une égorgerie
dont je me
souviens plus les
détails.
J'étais au calme en haut de cette maison posée au fond
d'un crique , de la nous y voyons aller et
venir la mer dans le
lit de la rivière, Rias ou aber voila le terme technique.
Je
craignais le soleil peut être pour ça que j'étais vautré sur ces
coussins d'un autre age
Des gens sur la plage, la mer montait et
descendait des bateaux aux mouillages, des conversations
Suivant
les marée ou le vent les bateaux se rangeaient dans le même sens
accrochés à leur bouées.
De temps en temps dans de frêle
embarcation appelée annexe, prame ou autre nom...
des
plaisanciers gagnaient leurs bateaux, rouges, bleus , jaunes, même
des blancs ; de temps en
temps à l'arrière, je pouvais en lire
le nom ; Sylvie sur celui ci ...
Une fois monté à bord , le
bateau partait à la voile ou au moteur, mais parfois il ne bougeait
pas et quelques heures après les personnages aperçus faisaient
le chemin inverse avec ou sans
courant , avec ou sans avec
plus ou moins de bonheur d'arriver à l'endroit duquel ils étaient
partis.
Sur la plage je reconnaissais des voix sans pour autant
pouvoir suivre les conversations , des
serviettes familières sur
le sable , des sacs, des jouets.
Amusant de voir les différents
techniques pour entrer dans l'eau à 18 degrés les meilleurs jours
.
Le courageux ici ne présente pas d'intérêt, ceux qui avancent
jusqu'au genoux sont plus rigolos,
puis les cuisses, une grimace
en prime pour passer le maillot , on trempe les mains, on se
mouille
la nuque, on est blanc ou rouge , parfois non uniforme , bronzage
cycliste, randonneur,
travailleur .
Et celui ci qui nage sur
le dos les mains sorties comme un castor
L'arrivée sur la plage
est aussi un moment de subtilité ; où me mets je ? en haut , en
bas, à coté
de qui , pas trop prêt ! monsieur à l'ombre
madame au soleil
Quelques exercices d'équilibristes pour se
changer , mettre sa tenue de lumière , il y a ceux qui
ont une
vieille cabine de bain qu'on enfile sur les épaules, il y a les
rapides 1s voir 2s ,
ceux qui se tortillent se cachent au
risque de se faire du mal .
Sur la plage , les maniaques font le
tour de leur serviette pour enlever les mégots , les curieux
ou
mateurs qui font faire à leur tête des 360 degrés toutes les 3
minutes sablier en main.
Les gamins qui partent dans les rochers
avec sceau et épuisette
Ceux qui causent avec tout ce qui bouge,
ceux qui parlent seul , ho pardon pas vu le téléphone
Tiens la
voila , je vais aller me baigner
DM